Numéros 43, 44, 45

Pour chaque n° : présentation de la table des matières, de l’éditorial et des résumés (français, anglais)

n° 43

Les communautés d’apprentissage : apprendre ensemble

Éditorial

Note de synthèse – Research Review

Denis Cristol, Les communautés d’apprentissage : apprendre ensemble – Learning Communities : Learning Together.

Articles de recherche – Research Article

Katel Bellegarde, Modèle interactif de l’insertion et littéracie professionnelle restreinte. Le contexte de l’insertion par l’activité économique – Interactive Model of Inclusion and “Restricted’’ Professional Literacy. The Context of Active Inclusion.

Comptes-rendus de lecture – Reading Reviews

Hervé adami et Virginie andré (2015). De l’idéologie monolingue à la doxa plurilingue : regards pluridisciplinaires
Arlette Boulogne (2016). Des livres pour éduquer les citoyens. Jean Macé et les bibliothèques populaires (1860-1881).
David Weil (2014). The Fissured Workplace. Why Work Became so Bad for so Many and What Can Be Done to Improve it ?

Vie de la recherche – Life in the Research Field

n° 3 – Travaux de recherche accessibles via l’archive ouverte de référence

HAL (mars 2017)
The Research Papers Available via the HAL Open Archive (march 2017)

Éditorial

« Apprendre ensemble »… Signe paradoxal de nos sociétés « postmodernes » aux dimensions souvent individualisantes, voire égotiques : d’innombrables initiatives collectives, réseaux, rencontres, groupes, communautés de pratiques semblent surgir de multiples parts du tissu social pour favoriser l’échange de savoirs, le partage d’expériences, la mutualisation des énergies cognitives. Depuis les tentatives de débat populaire de Nuit Debout jusqu’aux pépinières de startups et aux hackathons, le thème des communautés d’apprentissage se développe à la mesure de l’expansion des médias digitaux, dans l’entreprise et la vie citoyenne. Des colloques prennent cette problématique pour thème, à travers une pluralité d’approches disciplinaires1. La présente note de synthèse de Denis Cristol, par ailleurs auteur d’un ouvrage récent sur ces thèmes2, vient à point pour saisir certaines des ombres et lumières d’un ensemble de pratiques sociales certes anciennes, mais désormais bien inscrites dans les structures d’une société de l’information souvent qualifiée, à tort ou à raison, d’« apprenante ».
La note souligne, par un détour historique éclairant, la portée politique de ces mouvements collectifs qui traversent groupes, institutions et sociétés globales. Leurs sources les plus récentes sont détectées dans l’épopée des utopies sociales du XIXe siècle et leurs manifestations contemporaines sont largement saisies dans l’essor des réseaux sociaux. L’analyse des dimensions épistémiques, économiques et politiques des communautés laisse entrevoir une première ébauche de catégorisation. L’ambiguïté fondatrice de ces manifestations est soulignée selon leurs origines, qu’elles soient « endogènes » et suivant une logique bottom-up ou bien proposées (si ce n’est imposées) par des formes plus ou moins subtiles d’invitation top-down. Faut-il penser empowerment ou auto-organisation ? Peut-on, finalement, créer une communauté d’apprentissage par décret ? Quand peut-on, dès lors, parler de « communauté » d’apprentissage ? Quand un groupe manifeste une agentivité collective porteuse d’un engagement pro-actif de chacun de ses membres, ou quand il partage une dimension identitaire porteuse d’offres « exogènes » auxquelles il pourra adhérer, faire allégeance ou rester indifférent ? L’expérience en demi-teinte des « communautés d’apprentissage » dans les organisations pourra ici être analysée plus finement qu’à travers les trop rares évaluations disponibles ou les commentaires optimistes qu’en font leurs promoteurs.

Dans les pages qui suivent la note, Kattell Bellegarde nous livre, dans un article de tonalité iconoclaste, les résultats de sa recherche sur les parcours à « double vocation », visant simultanément le développement de compétences (ici, la maîtrise de la langue écrite) et l’insertion professionnelle par l’activité en milieu économique. L’auteure aboutit à un résultat contre- intuitif, posant l’hypothèse selon laquelle cette double finalité, par défaut d’ajustement des objectifs, peut limiter les usages de la compétence visée. À suivre…

Olivier Las Vergnas, quant à lui, poursuit sa plongée dans les eaux pro-fondes de l’analyse bibliométrique et lexicale des recherches sur l’éducation et la formation des adultes. Avec cette troisième livraison de la « Vie de la recherche » nouvelle formule, nous progressons ainsi dans la longue traversée en vue de l’émergence de « sciences de la formation », au cœur d’un univers pluridisciplinaire complexe dont la revue Savoirs, en association avec TransFormations, espère ainsi contribuer, par cette rubrique, à cerner les contours.

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Article de recherche

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Katel Bellegarde

Docteure en Sciences de l’Éducation

Modèle interactif de l’insertion et littéracie professionnelle restreinte. Le contexte de l’insertion par l’activité économique.

Résumé : Cet article s’intéresse à l’appropriation de l’écrit chez des faibles lecteurs-scripteurs inscrits dans un double parcours, de formation à l’écrit et d’insertion par l’activité économique. Les incidences de ce couplage formation/insertion sur la ré-exploitation des acquis de la formation en contexte réel de travail constitue la trame de notre réflexion. Une analyse de la littéracie professionnelle en ateliers et chantiers d’insertion révèle son caractère « restreignant » dans le sens où elle limite les probabilités d’usage de l’écrit des salariés. Au-delà de ce constat, cette étude montre l’enjeu que constitue le renouvellement des modèles insertionnels dans l’optique de créer un environnement qui, en articulant formation et insertion, accompagne au développement des capacités individuelles.
Mots clés : insertion par l’économique, formation linguistique de base, littéracie, appropriation.

Interactive Model of Inclusion and “Restricted’’ Professional Literacy. The Context of Active Inclusion

This article deals with the appropriation of writing skills by adults with weak reading/writing enrolled in a dual course combining writing training and active inclusion. It focuses on the impact that this combination of train- ing and active inclusion has on the transfer of what is learned in training to the real work context. An analysis of professional literacy in workshops and active inclusion programs reveals their “restricted” character in that the probability that employees will use their writing skills is limited. Beyond this, this study shows the challenge that the renewal of integration models faces in order to create a combined training/work inclusion environment that promotes individual skills development.
Keywords : active inclusion, literacy and basic skills program, literacy, appropriation.

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