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2010 – 22 Note de synthèse : La question du genre en formation des adultes |
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Genre et formation Avec cette nouvelle livraison, sous l’intitulé « Genre et formation », la revue Savoirs propose une réflexion sur un thème qui semble, sur le plan géographique, très inégalement traité, d’un pays à l’autre, d’une culture de recherche à l’autre. Comme le montre Edmée Ollagnier dans sa note de synthèse très internationale, la préoccupation du genre n’a été que très marginalement prise en compte dans les travaux de recherche sur la formation des adultes en France, alors qu’elle semble bien davantage ancrée dans ceux des autres pays francophones, surtout suisses et canadiens, et particulièrement travaillée dans la littérature spécialisée anglo-saxonne. Si, en France, quelques travaux novateurs des années 1960 sur l’éducation des filles ont largement ouvert à de nombreuses explorations, que ce soit sous l’angle sociologique, anthropologique, historique, psychologique ou même didactique, curieusement la question de la formation des femmes (des mêmes filles devenues adultes) et, plus largement, celle d’adultes en tant qu’êtres masculins/féminins (c.-à-d. avec des rôles sociosexués différenciés) n’a pas autant retenu l’attention des chercheurs de l’hexagone. Pourtant, là comme ailleurs, il a été fréquemment observé, depuis la fin des années 1960, que les femmes ne bénéficient pas des mêmes accès, soutien et retombées de la formation continue. Il y a là matière à recherche. La question du genre n’est pas uniquement théorique ou « objet scientifique » : elle a des répercussions tout à fait concrètes dans la mise en œuvre d’actions sur le terrain, dans la manière dont sont conçues, conduites, analysées, évaluées les formations d’adultes. Certaines personnes vont même jusqu’à considérer que les savoirs eux-mêmes ainsi que les méthodes de formation devraient être différenciés en fonction de l’appartenance sociosexuelle des publics visés ou encore que la mixité devrait pouvoir être remise en question. Ces positions radicales font bien entendu l’objet de vifs débats et divisent généralement, et les praticiens, et les chercheurs, indépendamment de leur genre. Il était donc tout à fait salutaire d’examiner le fondement de certains arguments directement tirés de recherches et de faire une véritable revue de la question du genre - et des autres questions qu’elle ouvre -, à partir de travaux conduits sous des angles différenciés ou complémentaires, mais portant spécifiquement sur la formation des adultes, puisque, comme Edmée Ollagnier le révèle et comme son importante bibliographie en témoigne, ces travaux, conduits en de nombreux endroits de la planète, sont substantiels. Deux rebonds complètent ce vaste panorama. L’un, d’une chercheuse, Claudie Solar, l’autre, d’une praticienne, Danielle Fournier. Elles sont toutes deux canadiennes, ce qui permet une fois encore de décaler le regard et de prendre de la distance avec la situation française. L’une insiste sur l’apport des recherches qui ont pris en compte la contribution des femmes au développement des théories en éducation des adultes ; l’autre conduit une réflexion épistémique quant à l’articulation entre la théorie et la pratique dans les activités de formation continue au sein du mouvement des femmes. Ce dossier a été piloté par un petit groupe composé de Claudie Solar, Cédric Frétigné et Françoise F. Laot, cette dernière en ayant assuré la coordination. Le numéro se poursuit avec trois articles de recherche. Marc Nagels se propose de mesurer la contribution de l’analyse de l’activité au développement de l’auto-efficacité au travail en menant une recherche auprès d’une population de cadres et dirigeants de la santé publique en formation à l’École des hautes études en santé publique. Il montre comment analyse réflexive de son activité et agentivité sont corrélées et contribuent à la formation des compétences. C’est également à des dirigeants que s’est intéressée Laurence Durat. Elle a observé, quant à elle, des dirigeants de la fonction publique territoriale au cours de leur activité. Elle a complété ces données par différentes traces laissées dans les documents et recueilli leur discours. Elle décrit notamment ce qu’elle nomme deux « concepts organisateurs » qui structurent leurs situations de travail : « l’appréciation du processus managérial » et « la mesure de turbulence potentielle ». Enfin, Jean-Paul Dugal et Chantal Amade-Escot, à travers l’analyse de la pratique d’observation et de conseil d’une conseillère pédagogique, s’interrogent sur la valeur d’usage des concepts issus de la recherche en didactique ainsi que sur leur réappopriation différenciée par les praticiens dans leur activité professionnelle et par les chercheurs-didacticiens. Auteurs dans ce numéro : Chantal Amade-Escot, Philippe Crognier, Jean-Paul Dugal, Laurence |
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